Chien siberian Husky ,l'élevage Francais ,education et dressage de la race, standard et photographie de chiens et d'attelages husky

Sommaire

Home
News
Book
Link siberien husky

Lehusky

Galerie de photos Retro
Le Siberian Husky
Photos de competitions
Archives du mushing
Petites annonces de matériel de mushing
Promotion du mushing
L'attelage
S.E.P.P.
Le leader
choix d'un étalon

Interviews

Interviews
Caroline Morin
Henry Kam
Paul et Maya Brunner
Nicolas Vanier
Jeffrey.J.Bragg
Monique Bene
P.A. Heritier
François Hamel
P.A.Héritier et sa Yukon Quest 2010

Histoire

Histoire
Léonhard Seppala
Origine Alaska
En Nouvelle Angleterre
Origine Canada
Epilogue
Exemples de pédigrés
Etalons prestigieux
Lignées Célèbres

Elevage

Elevage
Contact
Galerie de photos
Naissances au kennel
Premiers chiens de l'élevage
Boutique
génétique pour les éleveurs de SH
Notre bannière

Pour notre site on a choisi


Reserver HotelHusky




© MazurYuriy - F.O.T.O.L.I.A


Portrait d'une pionnière....

Portrait d'une pionnière du mushing en France

OER : Monique comment t'es venu la passion pour le mushing?

Je me suis intéressé au mushing après avoir croisé le regard d'un sibérien husky lors d'une panne d'avion à Anchorage, en 1972. Pendant 2 ans j'ai revé d'avoir un tel chien, alors qu'il n'y en avait pas en France à cette époque là.
A partir de ce moment là, je demandais tous mes vols sur l'Alaska et le Canada (j'étais alors hotesse navigante) et ai passé ces deux années à visiter tous les élevages de l'Amérique du Nord et à réunir tous les documents possibles. J'ai acheté le premier chien pour mes parents en 1974 et les suivants, Moulouk et Maika, en 1976. Ils eurent des enfants et je retournai au Canada très rapidement pour racheter d'autres chiens et ainsi me constituer un attelage.

OER : Parles-nous de la première organisation d'une course en France?

A la meme période, j'ai appris qu'il y avait 7 propriétaires de chiens nordiques en France et que la Suisse et l'Allemagne organisaient des courses de traineaux à chiens depuis quelques années déjà. Je pris donc la décision d'organiser la première course de traineaux à chiens française et pris contact avec un suisse éminent qui était Pierre Philippe Oriet, qui s'investit à fond en me donnant tous les contacts importants. Cette course fut organisée au Col de la Schlucht, dans les Vosges en Février 1978. Ce fut un succès énorme, et meme s'il y eut très peu d'attelages français ; il y eut 17 concurrents avec une grande majorité d'allemands et quelques suisses, mais surtout la présence de 10.000 spectateurs et une converture médiatique gigantesque. Ce fut alors le départ du premier club français de traineau à chiens que par la suite devint une Fédération et le grand démarrage des races de chiens de traineaux.

OER : Peux-tu évoquer un peu ta carrière de musher ainsi que ta participation à la fameuse Iditarod?

Pour ce qui est de mon apprentissage de la conduite des chiens, comme j'ai été la première, il n'y avait personne pour m'enseigner et j'ai appris beaucoup toute seule et ai bien sur fait beaucoup d'erreurs. J'étaie abonnée à tout ce qui existait, faisais partie de nombreux clubs nord-américains et européens et ai à présent une bibliothèque impressionnante.
En 1984, je suis partie avec mes chiens en Alaska pour préparer l'Iditarod et me suis installée chez Earl et Natalie Norris qui étaient à l'époque les meilleurs éleveurs de Sibériens Husky et surtout les plus performants et qui m'avaient vendu beaucoup de chiens, dont le fameux Alaskan's Quick Of Anadyr ; à l'époque je n'avais que des sibériens. J'ai donc couru l'Iditarod en 1985 ; seuls deux attelages de sibériens étaient inscrits, celui d'Earl Norris et le mien, tous les autres étaient des alaskans. Je terminais à la quarantième place avec le titre de la lanterne rouge la plus rapide, puisque je détenais le record de vitesse entre le premier (Libby Riddles) et le dernier arrivé. Libby avait mis 18 jours et moi 22 sur un parcours de 1800 Kms, où nous avons eu de nombreuses tempetes et des températures extrèmes (mon thermomètre affichait - 40° en permanence et les vents étaient très violents). 64 attelages étaient au départ et cette lanterne rouge est vraiment le plus beau trophée que j'ai jamais reçu. L'arrivée à Nome est un des moments les plus intenses de ma vie. Chaque musher était accueilli en héros. I faut dire que les péripéties sur la piste furent nombreuses.
Entre 1986 et 1988, le temps de quelques courses de sprint et surtout de mettre trois enfants au monde, je continuaisà élever des chiens toujours dans l'objectif d'un nouvel Iditarod. Malheureusement je n'ai jamais trouvé de sponsor pret à s'engager. L'Iditarod 85 avait été fait sans sponsor, et il était impossible de recommencer une telle opération.

OER : Peux-tu nous dire pourquoi tu as changé tes Siberians Husky pour des Alaskans husky?

C'est alors qu'en 1988 eut lieu le premier Alpirod. Chaque année jusqu'en 1995, ce fut l'objectif essentiel de la sélection de mes chiens et du type d'entrainement adopté. Bien qu'ayant un attelage de Siberians très performant, ils ne pouvaient rivaliser avec les meilleurs attelages mondiaux d'Alaskans Husky...

OER : Comment se passa le changement des Siberians aux Alaskans? ainsi que l'origine de tes premiers alaskans?

En 1988, j'achetais donc mes premiers alaskans, avec l'idée de toujours garder un attelage de siberians. Mais plus je travaillais avec mes alaskans, moins j'avais de plaisir à entrainer mes siberians. En 1989, je courais pour la dernière fois avec des siberians.
L'Alpirod déplaçait les meilleurs mushers de chaque pays et j'ai eu la chance d'avoir à chaque édition des chiennes de mon attelage, en chaleurs, que je pouvais faire saillir par les meilleurs males du circuit dès la fin de la course.
J'ai pu également acheter des chiens fabuleux en fin de course dans les attelages vainqueurs. J'ai beaucoup travaillé avec des chiens que m'avaient vendu Joe et Sherry Runyan, celui qui fut l'un de mes meilleurs leaders, Irish, qui a 13 ans court toujours en tete d'attelage avec un groupe de siberians et Ellie qui a 12 ans débourre mes jeunes chiens. J'ai fait de nombreux séjours chez eux, et j'ai été triste lorsqu'ils ont décidé d'abandonner le mushing. Ils furent d'excellents éleveurs et de formidables mushers ; et surtout des amis chaleureux.

OER : Expliques-nous la création de ta lignée d'alaskans?

Depuis 10 ans, je me suis crée ma propre lignée d'alaskans. Le travail effectué sur les siberians pendant 14 ans m'a apporté beaucoup d'expérience et ce fut facile de progresser très vite. J'élève mes chiens moi-meme et ne fait reproduire que mes meilleures femelles avec les meilleurs chiens de mushers qui gagnent en général en Alaska et Scandinavie.
J'achète régulièrement de nouveaux chiens. Lorsque j'ai couru le Championnat du Canada à Yellowknife dans le Northwest territorries au Canada en 1995, j'ai racheté 4 des chiens que m'avait preté Grant Beck, avec beaucoup de difficultés puisque bien évidemment il ne voulait pas me les vendre ; il a fallu des jours et des jours de discussion, pour qu'enfin il accepte. La course de Yellowknife est très dure et très rapide, et les chiens qui la finissaient dans le classement que j'avais fait étaient exceptionnels (3X80 kms sur la glace du Grand Lac des Esclaves par - 40°)
Lorsqu'en 1996, j'étais juge sur la Nenana Come Back race (en Alaska), j'ai remarqué une superbe chienne dans l'attelage qui est arrivé 2ème à 15 secondes du 1er et j'ai ramené la petite chienne chez moi.
Quand Roger Leegard m'a faxé qu'il vendait tout son chenil, parce qu'il abandonnait le mushing, j'étais le lendemain dans un avion pour Oslo et rentrais chez moi avec 4 nouveaux chiens ; en emmenant en plus son meilleur reproducteur le temps de saillir deux de mes chiennes (en France on ne peut pas faire d'insémination artificielle sur les chiens non LOF) et qu'il a donc fallu raccompagner un mois plus tard. La qualité des chiens que j'ai maintenant dans mon chenil ne m'autorise pas à regretter tous ces déplacements et ces investissements;
J'ai également dans mon chenil des chiens de Joe Redington Jr, de Gareth Wright et de Roxy Champaine.
En 1997, je suis allée courir la Nenana, en emmenant 8 chiens et en louant 6 ; je n'ai pu m'empecher de racheter 2 des chiens loués. Et pourtant je me plains d'avoir trop de chiens. La consigne de mon mari lorsque je pars sur une course à l'étranger Surtout ne rapporte pas de nouveaux chiens...mais j'ai bien du mal à suivre ses conseils angoissés. Ces chiens sont comme une drogue, il n'y a pas de limites. Et je n'ai jamais regretté mes investissements. Il faut de toute façon si l'on veut continuer à progresser, apporter du sang neuf et des chiens de grande qualité ayant fait leur preuve. Sélectionner des chiens de longue distance n'est pas évident.
En général j'achète des chiens de grande qualité ayant déjà fait leurs preuves dans des courses de haut niveau dans les attelages gagnants. Parfois ce sont des chiens de 5 ou 6 ans, que l'on paie très cher puisqu'à cet age là, ils sont en général au maximum de leur forme (entre 2500 et 5000 $). S'il s'agit d'une chienne, je la fais saillir en fonction de sa généalogie par un male correspondant aux résultats que j'en attends. On se trompe rarement, et l'investissement global est parfois moindre que d'élever un plus grand nombre de chiots issus de parents que l'on a parfois payés beaucoup moins chers et ou un nombre important de chiots risque de ne pas etre au niveau que l'on en attend. Elever des chiots coute cher en alimentation de qualité, vermifuges (1 fois par mois pendant un an), vaccins, vitamines, identification.... ; si l'on est obligé de les donner ensuite comme chiens de compagnie ou de randonnée.

OER : Comment sélectionnes-tu tes chiots pour en faire un bon chien de compétition?

Si l'on a deux géniteurs de grande qualité on a beaucoup plus de probalités d'avoir un plus grand pourcentage de chiots de grande qualité.
Des chiens moyens n'ont jamais produit des chiens de haut niveau, sauf accident exceptionnel. C'est la raison pour laquelle il faut toujours étudier le pedigree et l'ascendance de chacun.
A cet effet Jeff Conn publie chaque année l'Open North American pedigree et le Limited North American pedigree par Van Bueren, où l'on trouve toutes les informations nécessaires. Rien à voir avec les pedigrees de la FCI ou l'on n'a qu'une succession de noms
Vous y trouverez l'analyse de toutes les informations. Le nom de chaque chien, son sexe et l'attelage dans laquel il a couru, les courses qu'il a faites, son age à ce moment là, son classement, sa position dans l'attelage, qui l'a élevé, qui a élevé son père et sa mère, noms des grands-parents et de leurs éleveurs, qui l'a conduit, les noms de ses parents, les noms de ses descendants... Tout ceci est une excellente base de travail qui permet d'avoir le recul nécessaire. Et l'on est certain que les informations qu'on y trouve sont réelles et sincères. Ce que je déplore au niveau du siberian, c'est que l'on ne peut plus se fier aux informations que l'on trouve dans les pedigrees, tant il y a eu de fraudes sur les noms des géniteurs pour que les chiens croisés avec des alsakans et typés siberian puissent courir dans une catégorie dite nordique et permette à leurs mushers d'etre sur le podium. Ces règles ont complètement détruit une race qui avait pourtant bien des qualités. On aurait pu y pallier en faisant l'empreinte génétique de chaque chien, mais il est trop tard à présent, le problème résidant déja sur plusieurs générations.
Pour la petite histoire, il faut savoir qu'au moment où les races nordiques ont été enregistrées à l'AKC les éleveurs prenaient les plus gros chiots de la portée pour les classer dans la catégorie Alaskans Malamutes et les plus légers de la meme portée étaient enregistrés en Siberian Husky. Tout éleveur sait qu'en deux générations on peut changer le type de ses chiens. Maic ceci est un autre débat.........
Pour en revenir à mes chiots, je commence à leur faire porter le harnais suivant la période de l'année où ils atteignent l'age de six à 10 mois (pendant la période hivernale mes entrainements de longue distance, me laissent trop peu de temps pour faire travailler mes chiots). Certains démarrent à la première séance et dès la deuxième séance, se comportent comme s'ils avaient déjà tiré depuis des années, en poussant des hurlements stridents jusqu'au moment du départ (atteler 12 chiens, c'est long, surtout lorsqu'il y a beaucoup de bébés dans l'attelage).
D'autres ont besoin de davantage de séances pour comprendre ce que l'on attend d'eux, ce n'est pas pour cela qu'ils seront moins bons. Il arrive quelquefois qu'un chien refuse réellement de travailler, c'est rare mais cela arrive ; je le place à ce moment-là comme chien de compagnie dans une famille avec un jardin. Parfois, c'est rare également, il arrive qu'un chien n'est pas assez de vitesse, il part à ce moment là, soit dans un attelage de randonnée, où avec une personne pratiquant le cani-cross, parfois aussi dans une famille.
Ensuite tous ceux qui ont la vitesse minimum nécessaire, travaillent plus régulièrement sur de courtes distances (3 à 5 kms). La régularité du travail, fait que l'on repère rapidement ceux qui auront de l'endurance ou pas.
Les chiots correspondant à ces critères, sont alors vendus dans des attelages très compétitifs.

OER : Comment entraines-tu tes chiens pour les compétitions?

A la fin de l'été, je commence l'entrainement longue distance proprement dit et mes attelages arrivent début janvier avec 1200 kms de quad pour aborder les courses sur neige.La plus grosse partie du travail au quad se fait sans moteur, de manière à muscler t donner de la puissance aux chiens. J'attelle en général 12 chiens et je sors deux attelages par jour. Le problème dans la région où j'habite est que je n'ai que des terrains plats meme si je peux atteindre des distances d'une trentaine de kilomètres, ce qui n'est pas trop recommandé au niveau des membres et des articulations des chiens. Il ne faudrait pas, à l'entrainement sur terre travailler sur plus d 15 kms d'affilée.
Tous les ans, j'essaie de partir au mois de décembre, en montgne pour le relief, et sur neige pour la qualité du travail, surtout pour mes yearlings qui ne connaissent pas le travail au traineau et depuis des années, on ne trouve de la neige nulle part aux périodes où je pourrais m'absenter de chez moi. Ce qui fait que leur premier contact avec la neige et le relief se fait le jour du départ, en général d'une grande course comme la Pirena ou l'Alpentrail. Ils sont un peu surpris et commencent a etre vraiment bien lorsque la course est pratiquement terminée, pareil pour moi avec mon traineau.....

OER : Je tenais à publier ce petit interview de Monique, qui laissera une trace indélébile dans le monde du mushing en LD, elle en fut la première, d'autres suivirent comme Tony Andréone, E.Ketterer, J.Philipp etc....