ALIMENTATION
Il faut attendre 1959 et les travaux de Taylor pour disposer des premières informations scientifiques sur ce que fut le pemmican : base de la ration du chien de trait depuis le début de notre siècle, le pemmican est une nourriture sèche (5 à 10% d'humidité) composée essentiellement de viande de boeuf, de graisse de boeuf et de levures déshydratées. Poursuivant les observations de Taylor, Wyatt teste un nouvel aliment, le nutrican composé de graisses animales, de viande de baleine et de flocons d'avoine. Ce dernier mélange induisit une diarrhée sévère chez l'ensemble des chiens.
On retrouve ces rations, fruit d'un empirisme éclairé, un certain nombre de règles nutrionnelles qui veulent que le chien de traineau se voie distribuer des rations riches en protéines (viandes) et en graisses, mais apprauvries en glucides, sans risque d'induire une diarhée.
Mais qu'en est-il aujourd'hui? Le travail intense et la compétition sont chez le chien, comme chez l'homme inducteurs de stress à la fois organique et psychologique. L'alimentation constitue donc un des piliers de la performance sportive, au meme titre que la génétique, l'entrainement ou la psychologie.
En pratique, un aliment adapté au chien de sport devra ; fournir une énergie de qualité optimale en quantités adéquates ; minimiser autant que possible le volume et le poids du bol intestinal : aider à maintenir un état d'hydratation convenable ; combler les vides physiologiques induits par le stress.
LIPIDES EN TETE
Le chien de traineau tend à se différencier nettement des autres types de chiens de sport quand à l'évolution de son besoin énergétique. A l'entretien tout d'abord, ce besoin est plus faible, à poids égal en particulier pour la race siberian husky. Ceci s'explique sans doute par un meilleur rendement métabolique de l'énergie et par des frais de thermorégulation réduits (dus à une isolation thermique liée au pelage et à une température corporelle légèrement inférieure aux normes pour cette race.) Durant l'effort, l'énergie doit etre rapidement et facilement disponible sur les lieux de son utilisation (les cellules musculaires). De plus, l'équilibre des composants énergétiques doit etre tel que leur combustion se réalise avec un minimum de déchets, un maximum d'efficacité, et sans risque de blocage métabolique. Chez le chien de traineau, l'essentiel de l'énergie est apporté par les lipides (graisses). En effet, les amidons (glucides), comparativement aux graisses dont la valeur calorique est pratiquement deux fois et demie supérieure, augmentent lenotablement le volume de la ration. Or, une augmentation, meme faible, du volume ingéré, se traduit par une digestibilité abaissée et des fécès plus humides pouvant conduire au ramolissement. De plus la digestion glucidique peut modifier l'absortion d'autres constituants de la ration, comme les protéines, certains électrolytes et l'eau.
En pratique on admet un taux maximum de 30% de glucides dans la ration du chien de traineau, et ce, en condition d'entretien, ou de course type vitesse en petite catégorie de compétition. Toutes augmentation des apports glucidiques, au-delà de ce seuil, déclencherait un épisode diarrhétique aigu, mais sans réelle gravité car rétrocédant immédiatement après correction de la ration. le taux de matières grasses à incorporer? Il doit etre compris entre 25 et 40% de la matière sèche (40% pour les chiens courant en pays nordiques) Les lipides s'imposent donc largement dans la ration au détriment des glucides.
DOUBLER LA DOSE
La première conséquence nutritionnelle du stress d'effort chez les chiens est une demande accrue en protéines de bonne qualité, riches en acides aminés essentiels. Le stress est lié au processus anémique (destruction des globules rouges) parfois sévère, dont la prévention passe par un apport protéique alimentaire correspondant au moins à 30% de l'énergie métobolisable de la ration, sous forme de protéines. La teneur protéique devra se situer au dessus de 35% par rapport à la matière sèche.
Comparativement aux besoins d'entretien, le besoin en eau durant l'entrainement ou en compétition (particulièrement en longue distance lorsque la température ambiante s'élève) est multiplié par deux ou trois (soit 100 à 150 ml par kg de poids).
Les régimes riches en graisse peuvent induire des pertes fécales en calcium et magnésium. Il apparait donc nécessaire d'établir une relation entre la teneur en matières grasses et l'apport en calcium-magnésium qui devre etre accru. Quand à l'ensemble des oligo-éléments (fer, cuivre, zinc) sans entrer dans le détail, ils seront apportés en proportions doubles par rapport à l'entretien, afin de disposer de marges de sécurité, de prendre en compte la plus haute concentration des aliments énergétiques et de pallier aux effets antagonistes du calcium sur leur digistibilité.
D'une manière générale, pour les vitamines, nous retiendrons que les apports vitaminiques A, D et K peuvent etre doublés et ceux en vitamine E triplés comparativement aux normes d'entretien. Il en va de meme pour l'ensemble des vitamines du complexe B.
LE REPAS AU BON MOMENT
L'objectif est de vous sensibiliser sur les besoins spécifiques du chien en effort d'endurance. Il existe maintenant des croquettes qui intégrent tous ces paramètres. Reste cependant à traiter de la forme de distribution des aliments ainsi que du moment du repas. L'expérience montre qu'à ce niveau, la présentation physique de l'aliment fourni est en cause dans les phénomènes diarrhéiques induits par une mauvaise prédigestion des protéines dans l'estomac (due à un séjour trop court dans ce dernier) et accentués par le stress. Les meilleurs résultats s'obtiennent avec des aliments secs extrudés (croquettes) légèrement réhydratés une dizaine de minutes avant le repas. On recherche, à ce stade, des croquettes se tenant après réhydratation, c'est à dire conservant leur forme initiale sans former une réelle soupe. Quand au repas en lui-meme, il est conseillé de donner un quart de la ration au moins trois heures avant l'effort et les trois quarts restant deux heures après l'exercice.
E.B.

LA CONSANGUINITE
Le but de l'éleveur est la sélection afin d'obtenir des sujets susceptibles de correspondre le plus possible au standard.
Cela se fait en mariant des sujets le plus près possible de ce standard en écartant ceux qui présentent des défauts qui risquent de ressortir d'une manière ou d'une autre. Afin d'y parvenir, les anglais inventeurs de la pratiquent les 3 méthodes suivantes :
- Inbreeding
- Linebreeding
- Outcross
La méthode inbreeding consiste à travailler dans le meme courant de sang à l'aide d'une consanguinité très étroite. (mariages entre frère et soeur, grand-père petite-fille, père fille, mère fils, grand-mère petit fils).
Cette forme d'èlevage est à pratiquer uniquement avec des sujets de haut niveau, car la consanguinité fait ressortir les qualités d'une lignée, mais aussi ses défauts, ce qui explique que si les géniteurs ne sont pas parfaits, il n'y a aucune chance d'obtenir un sujet exceptionnel. Cette méthode présente deux avantages :
Les sujets ainsi obtenus sont des qui tranmettent plus facilement leur phénotype et genotype aux générations suivantes
Cela permet à l'élever de faire le point et de connaitre mieux sa lignée car le défaut caché ressortira et pourra éventuellement le guider sur les futurs mariages à faire ou à éviter.
Le mariage frère et soeur est le moins utilisé en inbreeding car la consanguinité est alors très étroite, donc la variabilité génétique moins importante ( à pratiquer donc avec des sujets exceptionnels dont on connait parfaitement la lignée.)
La méthode linebreeding c'est un mariage entre sujets issus d'une meme lignée (cousins, oncle, nièce, tante, neveu, etc..) C'est à mon avis une méthode transitoire pour les éleveurs n'étant pas encore très surs de leurs lignées, ou ne souhaitant pas prendre de gros risques en s'assurant néanmoins un suivi génétique. A utiliser également avec un sujet né inbreeding pour affiner encore plus un courant de sang intéressant.
La méthode out cross : c'est la méthode la plus pratiquée, qui consiste à éviter la consanguinité. Les sujets obtenus sont composés d'une mosaique possédant le patrimoine diversifié de leurs ascendants. S'ils additionnent les gènes (grandes oreilles, museau court, manque de dent, défaut de queue, manque de type et dysplasie), vous ne serez pas surpris de l'importance des refus de confirmation. S'ils sont champions ne vous réjouissez pas car cela est dù uniquement au hasard qui fait quelquefois fort bien les choses.
On marie une belle chienne lente avec un chien pas très beau mais rapide en espérant de beaux chiots rapides et l'on obtient des sujets possédant la rapidité de la mère et la beauté du père....
Néamoins, on peut élever out cross lorsque chez soi la consanguinité risque d'atteindre un point extrème (dégénérescence) afin de donner d sang nouveau pour pouvoir retravailler ultérieurement en inbreeding).
La notion de race est liée à l'inbreeding car il est impossible de fixer sans utiliser la consanguinité, tout au moins au départ d'une race, ensuite il permet de fixer sa souche.
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